Starting Today

Chaque chose à ses origines, que ce soit dans l’art, la technologie, la science… Même si aujourd’hui dans la société où nous vivons, l’idée de se soumettre à quelqu’un d’autre dans le consentement, il a bien fallu que cette idée naisse quelque part, et pas toujours dans le respect… Alors asseyez-vous, ouvrer votre livre d’Histoire à la page 16 et commençons…

On peut remonter à L’Antiquité, dans la république romaine et les cités grecques. En effet, il semblerait que la pornographie fût un sujet beaucoup moins tabou qu’aujourd’hui. De nombreuses gravures d’activités sexuelles ont été retrouvées ; à Pompéi, les maisons de plaisir étaient décorées d’œuvres d’art très explicites, et également dans des maisons plus ou moins riches.
Les relations étaient réduites à l’essentiel à cette époque : la femme devait être uniquement pour son mari, lui devait fidélité absolue et procréer pour ensuite s’occuper des enfants (comme quoi le patriarcat n’est jamais bien loin…). L’homme, quant à lui, pouvait sans une once de gêne d’aller voir des jeunes hommes, pour s’adonner aux plaisirs de la chair, dans une dynamique dominant/dominé.
Les prostituées étaient seulement et purement comme des jouets sexuels, et la sodomie et les fellations leurs étaient réservées, car ces pratiques n’étaient pas digne d’une épouse. Outre les travailleuses du sexe, le sexe oral et anal était destiné aux esclaves, hommes comme femmes. Il n’était pas rare que les esclaves fussent achetés uniquement pour servir de jouets sexuels, comme les fameux eunuques, hommes castrés pour éviter à leurs maîtresses de tomber enceinte. Si la fellation était dégradante, le cunnilingus était pire. « Lèche-vagin » était une des pires insultes parmi la république de Rome.
Un peu plus au Nord et quelques siècles plus tard, un poème autrichien raconte comment la reine Brunhilde est attachée puis forcée par son mari. Il faudra attendre bien longtemps avant de voir apparaître les notions de consentements…

Cette fois, dirigeons-nous vers l’Est lointain sur une petite île… Au XVe siècle, une guerre civile frappe le Japon, et la captivité et l’immobilisation à l’aide de cordes était répandu sur le champ de bataille. Après la guerre, on continuera de l’utiliser sous différentes formes dans les conflits armées et dans la lutte contre le crime, jusqu’à la fin des années 50. Il y a d’abord une technique de cordes rapide, pour immobilier rapidement l’adversaire et une plus complexe, pour les interrogatoires et exposer publiquement le prisonnier. Ce sera Ito Haruame qui sera le premier à utiliser le bondage dans un contexte érotique. Quand ses photographies seront publiés dans un magazine pulp, le mot « bondage » né, avec la culture SM oriental.

Retour au Vieux-Monde. Le Marquis de Sade, romancier et philosophe français, défraye la chronique avec ses romans pornographiques, où les personnages pratiquent des actes sexuels extrêmes et cruels. Tout cela deviendra plus tard cd qu’on appelle le sadisme, où le plaisir vient de souffrance et de l’humiliation des autres.
A une époque où l’aristocratie française se vautre dans la luxure, le marquis dénonce ces excès, notamment dans son livre le plus célèbre, Les 120 jour de Sodome qui est expression de fantasmes sexuels, mais aussi une forte critique de la société, ce qui lui a valu les foudres de la noblesse. Mais rappelons que dans ses écrits, Sade ne mets aucune notion de consentement, sécurité et de respect mutuel, valeur essentielle au BDSM.
Alors personnage sadique sans limites ou génie incompris, il reste une personne qui ne doit pas être considérée comme un exemple, mais comme une connaissance historique à avoir.
Léopold Van Saker Masosh à quant à lui écrit de l’autre coté de la barrière. Dans son roman, La Vénus à la fourrure, il raconte l’histoire d’un jeune homme qui tombe sur le charme d’une magnifique femme qui va faire de lui un esclave personnel. Cet auteur autrichien transporte ses envies de souffrances dans un cadre sexuel, créant ainsi le masochisme.

Nous approchons la fin de notre voyage avec la deuxième moitié du XXe siècle. A New York et San Francisco, les clubs gays commencent à faire apparaître le fétichisme du cuir, et des communautés commencent à se créer et le SSC (Sûr, Sain et Consensuel) né enfin. Irving Klaw et Bettie Page ont popularisé le bondage dans le monde la photographie et Pauline Réage dans la littérature avec Histoires d’O, où une jeune femme devient une esclave sexuelle volontaire, jusqu’à perdre son identité.
Le BDSM reste un milieu underground très controversé une trentaine d’années plus tard, mais commence à prendre de plus en plus d’ampleur grâce à la pornographie et à l’émergence des sex-shops.

Aujourd’hui, grâce à la popularité de 50 nuances de Grey (vous pensez ce que vous voulez de cette trilogie), le BDSM deviens de moins en moins tabou et de plus en plus accepté dans la société, malgré encore beaucoup de préjugés qui persistent ; mais beaucoup de gens, de tout âge et de tout milieu s’y intéresse. Beaucoup de personnes le pratiquent sans se rendre compte : une tape sur les fesses, un mot cru, un foulard pour restreindre les mouvements…
Ce qui est sûr, c’est que l’Homme a toujours été attiré par le sexe et les formes de pouvoirs, et de bien des manières différentes. S’il a fallu des centaines d’années pour que le consentement et le respect deviennent des valeurs fondamentales, les dynamiques de pouvoir ont toujours intrigué et fasciné, et ça ne semble pas prêt de s’arrêter..

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