Connection

Il est important de rappeler que le BDSM est comme toute relation avec deux êtres humains : cela veut dire que chacune est unique en son genre et qu’il n’y a pas d’archétype propre. Pourtant il est important d’observer les différentes possibilités de types de relations BDSM. Effectivement certaines personnes aiment mélanger tandis que d’autres ne cherchent qu’un type bien spécifique. Et je vous propose de voir ces différentes relations par ordre croissant, de celle qui me parle le moins à celle que j’affectionne le plus.
Attention !!! Ne pas apprécier ne veut pas dire dénigrer, c’est juste que ce sont celles qui me parlent le moins en termes de préférence, mais chaque relation kinky est valable, tant qu’elle vous apporte ce que vous cherchez.
Petit point pratique avant de commencer : par souci de fluidité, je vais souvent parler au masculin pour le dominant et au féminin pour la personne soumise. C’est juste pour aller plus vite à l’écriture. Bien évidemment, tout ce qui suit s’applique aux dynamiques lesbiennes, gays, à la domination féminine, aux switches et à toutes les configurations possibles. Le BDSM n’a pas de genre par défaut.


Findom : généralement aucune recherche de sexualité ou de discipline BDSM, mais offrir de l’argent, des cadeaux pour un sentiment d’exploitation et d’humiliation. Dans la majorité des cas, relation homme soumis / femme dominante. Cette pratique se passe beaucoup par la communication en ligne même si parfois une interaction réelle peut avoir lieu ; dans ces cas-là le soumis financier peut aussi être là pour faire des tâches comme le ménage, les courses… Mais il est important de rappeler que la personne soumise n’attend rien en retour, même si la personne dominante peut aussi offrir de l’affection, de l’attention comme des appels, des photos…
Malgré le caractère qui peut sembler assez extrême de cette pratique, rappelons bien sûr que le consentement est au cœur de tout. Attention cependant : la généralité de certains réseaux sociaux comme Instagram ou TikTok donne aussi lieu à certaines prédatrices pour qui le consentement n’existe pas.


BDSM dans la chambre: C’est généralement ce que beaucoup de couples dits vanille (ce sont les couples qu’on définit comme étant classiques, lambda — attention ça ne veut pas dire chiant, ça veut dire qu’on peut les croiser dans la vie de tous les jours) pratiquent. Il s’agit donc d’un abandon temporaire ou d’une prise de contrôle tout aussi temporaire, uniquement dans un but sexuel. Lors du rapport intime, une personne va devenir la personne soumise et l’autre la personne dominante. Généralement ça va être du bondage, peut-être des fessées, ou alors des ordres très simples. Tout peut se passer, mais c’est dans un but généralement sexuel. Une fois le rapport terminé, les deux personnes reprennent leur vie habituelle et toute notion de domination/soumission disparaît.
Ce type de dynamique convient aux personnes qui aiment s’abandonner mais seulement pendant le temps d’une scène, et pour qui une dynamique d’échange de pouvoir total ne convient pas, que ce soit au niveau du rythme de vie ou tout simplement de préférence.


Age-play: C’est un jeu de rôle qui prend la forme d’une dynamique où la personne dominante devient le papa ou la maman, et la personne soumise l’enfant. Ici la personne dominante va avoir un rôle parental mais il faut bien comprendre que c’est dans le sens de guide et d’affection. Certains aspects du BDSM comme la discipline, l’impact, etc. peuvent rentrer dans la dynamique mais rien n’est obligatoire. Le but de cette dynamique est que la personne qui va jouer le rôle du bébé, de l’enfant ou de l’ado n’a plus aucune responsabilité du monde adulte. C’est le papa ou la maman qui gère tout. Les seules responsabilités que peut avoir un enfant relèvent du monde de l’enfance, comme faire ses devoirs, ranger ses jouets et toutes sortes de choses similaires. Pour les personnes qui cherchent spécifiquement un contexte de toute petite enfance, on va parler de ABDL (Adult Baby / Diaper Lover). La personne dominante va trouver son bonheur dans le fait de s’occuper pleinement d’une personne, et la personne soumise dans le fait de régresser à un âge où tout est plus simple. Le DDLG peut être sexualisé, il n’y a aucun mal à ça, et bien sûr cela ne relève absolument pas de penchant pédophile. C’est une dynamique entre deux adultes consentants.


Primal: Si beaucoup cherchent la tendresse et l’affection dans le BDSM, certains peuvent chercher l’opposé. Le primal va puiser dans les pulsions les plus sauvages. Ici, on cherche la brutalité dans le sexe, qu’il soit physique avec de la dilatation extrême, des gorges profondes et de la sodomie, ou dans le contexte émotionnel avec des insultes ou des mots rabaissants. Le dominant est un chasseur et la personne soumise est une proie, et c’est dans cette idée de se faire attraper pour être forcé bien souvent sexuellement qui est plaisant. L’un va prendre plaisir à traquer pour soumettre de force, tandis que l’autre appréhende avec excitation ce qui l’attend. Encore une fois tout ça relève du consentement et tout cela est négocié à l’avance.
On retrouve souvent aussi la notion de CNC où la personne va pouvoir utiliser sexuellement son partenaire que ce dernier soit consentant ou non. Inutile de rappeler que tout ceci n’est qu’un scénario et que tous les nons, « arrête », « pitié » font partie du jeu, et qu’il peut être arrêté réellement à tout moment avec un safeword — mais nous y reviendrons.


24/7: Kézako ? Avant toute chose il faut bien rappeler que c’est une vie de couple en premier. Mais contrairement à la dynamique dans la chambre à coucher, ici le BDSM se vit tous les jours. On se lève BDSM, on prend sa douche BDSM, on mange BDSM… La personne soumise a des règles, des habitudes qu’elle doit respecter, que ce soit quotidiennement, mensuellement… Dans ce genre de dynamique, c’est souvent la discipline qui prime avant tout le reste. La soumise va avant tout chercher un cadre, une hiérarchie que son dominant va lui inculquer. Ça peut être quelque chose de très large comme une dynamique très stricte. Le plus important, c’est que le sentiment d’appartenance et l’échange de pouvoir ne sont pas une scène mais bel et bien un mode de vie, un lien qui continue, et pour ça plein de choses peuvent être mises en place : rituels, règles, tâches, accessoires symbolisant l’appartenance, les possibilités sont infinies… C’est avant tout un engagement où la confiance et le lâcher-prise sont au cœur de tout, et où deux personnes peuvent vivre leurs fantasmes mais aussi leur amour.


Pet play: Comme DDLG, le pet play est une forme de régression où la personne ne veut pas avoir de responsabilités. Mais ici la personne soumise va devenir un animal, et le dominant devient handler (donc cela peut être traduit grossièrement par « dresseur » en français). Ici le lâcher-prise est d’une puissance énorme : en fonction de l’intensité choisie, la personne soumise ne va plus parler, ne plus se déplacer debout, agir par instinct, bref devenir un vrai animal. L’immersion peut être poussée au maximum avec une gamelle pour se nourrir, un panier pour dormir, et dans les comportements l’animal va venir se frotter pour des caresses, gratter à une porte pour qu’elle soit ouverte, etc. Comme les jeux de régression infantile, la personne dominante va trouver son plaisir à éduquer et prendre soin de son ou sa protégé(e), et cette dernière va bénéficier d’un cadre où elle n’aura plus à s’occuper des tracas de la vie.
Un cheval ne va pas s’occuper de payer les factures, un chat ne va pas ranger les courses, un chien ne va pas faire la cuisine… Tout est entre les mains du handler qui s’occupe de son animal. Encore une fois cela peut être sexualisé ou non, et encore une fois non, ce n’est pas un penchant zoophile.


Et enfin la relation dite Maître/esclave. Bien sûr il serait facile de réduire ça à « le maître a tous les droits, l’esclave n’en a aucun ». C’est à la fois vrai, et en même temps c’est plus que ça. En effet dans ce type de dynamique l’esclave renonce à tous ses droits : la totalité ou la quasi-totalité de sa vie dépend des choix de son maître. Ça peut être quand parler, comment s’habiller, à quelle heure se lever ou se coucher, et aussi prévoir tous les désirs du maître : s’il veut que son petit déjeuner soit servi à telle heure, que l’esclave soit apprêtée de telle manière à un certain moment… De son côté le maître s’engage à faire en sorte que l’esclave soit entièrement prise en main. Il est forcément facile de fantasmer très très fort sur ce genre de rôle puisqu’on décide de tout sans que l’autre ait son mot à dire, mais c’est une véritable responsabilité. C’est pour ça que c’est généralement considéré comme la forme de dynamique BDSM la plus puissante. Quand une personne rentre dans une dynamique d’esclavage, chaque moment de sa vie, chaque instant est contrôlé, bien plus que dans une relation 24/7. Dans une dynamique d’esclavage, la personne esclave remet tous ses droits envers son dominant, donc par exemple si jamais elle n’aime pas telle ou telle pratique, l’esclave doit quand même s’y conformer. Bien sûr cela ne veut pas dire que tout doit être accepté, mais l’esclave est là uniquement pour le plaisir de la personne qui dirige et rien d’autre. De par son caractère très extrême, c’est une relation qui ne se décide pas avant plusieurs mois, voire plusieurs années dans une dynamique. C’est un abandon total et absolu, mais c’est aussi pour atteindre une plus grande libération…


Voilà beaucoup de choses intéressantes et qui j’espère permettront de mieux clarifier ce que vous cherchez. Mais dans tout ça, quelle est la différence entre un dominant et un Maître ? Qu’est-ce qu’une brat ? Une rope bunny, c’est du pet play ? Réponses dans le prochain article !

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