
-Ok ben je sais ce que je veux faire, ma moitié est d’accord, c’est le genre de dynamique qu’on cherche, c’est parti !
-Ok excellent !
-Alors il faut que j’achète un armbinder, un harnais de suspension, 2 floggers, un pack d’électrostimulation…
-Et vous avez discuté sécurité et tout ça ?
-Ben oui, évidemment.
-Donc pas de soucis avec le RACK et tout ça ?
-Le ?
-… Ok poto, prends-toi une bière dans le frigo et pose-toi, faut qu’on parle sécurité BDSM…
-C’est quoi le problème ?
-Y a pas vraiment de problème, juste c’est important de se rappeler que vous êtes conscients des risques et des problèmes qui peuvent arriver, et on peut les résumer en trois acronymes simples à retenir. Le premier c’est SSC.
-Le Service de Sécurité de la Citadelle ?
-Non le geek, rien à voir avec Mass Effect. SSC est apparu, pour la petite histoire, dans la communauté gay, dans les années 80. C’était important de distinguer une relation BDSM saine d’une relation psychologiquement et physiquement nocive, liée à la criminalité en hausse de l’époque.
-Mais ça signifie quoi ?
-Sûr, Sain et Consensuel.
Sûr dans le sens où les deux personnes s’assurent qu’il n’y aura pas d’impact physique ou psychologique grave. Ce qu’on fait est Sûr, il n’y aura pas de blessés… Du moins non consenti.
Sain dans le sens où les deux personnes sont dans un état d’esprit qui le permet. Il y a les maladies mentales mais aussi la fatigue émotionnelle, le stress, les substances illicites ou simplement tout ce qui peut altérer l’esprit et les mouvements physiques.
Consensuel dans le sens où les deux personnes sont d’accord pour faire cette activité. Pas d’ambiguïté sur «ah mais j’avais pas compris ça», «ah mais j’ai dit oui mais j’étais pas sûr», «ah mais je voulais pas de cette manière». Voilà, on se met d’accord clairement sur on fait ça comme ça.
-C’est le plus simple ?
-C’est pas forcément une question de simplicité, mais en tout cas c’est le plus répandu et c’est celui qu’on est censé respecter de manière naturelle. On devrait pas avoir besoin d’un acronyme pour se souvenir de ce genre de choses, mais en tout cas il est là et il faut le respecter.
-En gros, faites pas ça n’importe où et n’importe comment, pas d’alcool ou de drogue, et non veut dire non.
-Ouais… En gros ouais, mais c’est pas tout. 20 ans plus tard arrive le RACK, suite à des remarques des pratiquants : le SSC c’est bien, mais rien dans la vie peut être sûr, et ce qui est « sain » pour les uns l’est pas forcément pour les autres. Le SSC c’est joli en apparence, mais ça peut pas être une valeur absolument sûre pour ceux qui le pratiquent.
-Et ça veut dire ?
-Risk Aware Consensual Kink. Ou conscient du risque, consensuel, du kink. -C’est moins sexy en français…
-Pas faux. Risk Aware ça veut dire que tout le monde sait qu’il y a des risques liés à l’activité en question. Ça veut pas dire « très bien, il y en a, fin de l’histoire », ça veut dire : qu’est-ce qu’on peut faire pour essayer de les minimiser au maximum et pouvoir agir si jamais un accident arrive. Donc prévoir des bouteilles d’eau si on joue avec des bougies, des ciseaux pour les cordes, des médicaments si besoin…
Consensual, c’est pour consensuel, bon on va pas revenir là-dessus, t’as compris.
Kink pour… kink. Y a pas de vraie traduction française, mais on peut voir ça comme fétichisme, fantasme, bref tout ce qui sort du cadre du sexe vanille. Mais ici faut le comprendre dans le sens : est-ce que vous avez la même compréhension, les mêmes attentes… Bref, la même lecture de l’activité.
-Attends, mais du coup c’est la même chose ?
-Oui et non. SSC c’est la nécessité d’être en sécurité, alors que RACK c’est la compréhension du risque et l’acceptation des erreurs qui peuvent arriver. Il y a une sorte de bataille depuis longtemps entre ceux qui pensent que soit on suit une méthode soit une autre, alors qu’en vrai on devrait utiliser les deux en même temps. Et pour finir, PRICK.
-Eh oh je t’emmerde !!
-Non, pas l’insulte. Personal Responsibility Informed Consensual Kink. Responsabilité personnelle, informé et consensuel, du kink. Ça a évolué à partir du RACK.
Responsabilité personnelle dans le sens où on est responsable de soi-même pendant la scène. Si quelque chose se passe mal, par exemple un nœud mal fait ou une information qui a pas été communiquée, faut prendre en compte que ça a été notre responsabilité.
Informé, c’est toujours pareil, vous êtes conscients et vous savez les mauvais résultats qui peuvent arriver. Le reste, on en a déjà parlé.
-C’est tout ?
-Disons que c’est la partie émergée de l’iceberg…

-Comment ça ?
-Il existe le CCC, qui signifie engagement bienveillant consensuel. Ça existe mais ça reste très très très très sujet à interprétation, je préfère pas m’avancer sur le sujet plutôt que de dire des bêtises.
Les 4C : attention, communication, consentement et prudence. Attention dans le sens de sollicitude. Communiquer dans le sens négocier. Et consentement, je vais pas me répéter 100 fois. Prudence dans le sens où les risques existent, faut faire attention.
-Et donc, avec tout ça, on fait quoi ?
-Le truc c’est pas de choisir le protocole à tout prix, comme une bannière qu’on brandit à chaque fois. Le truc à retenir c’est de jamais ignorer la sécurité et la conscience des risques.
-Effectivement, on a encore des choses à discuter…
-Prenez votre temps, vous en avez plus que vous croyez. Mais vas-y, montre-moi ces floggers…


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